Le 23 avril dernier, six enfants nantais ont vécu une après-midi d’éducation environnementale pas comme les autres. Accompagnés par le Centre Tréméac, un établissement dédié à la protection de l’enfance, ils ont arpenté les berges de la Loire, pinces et sacs à la main, pour ramasser les déchets laissés par les humains et rendre à la rivière un peu de sa dignité. Une cleanwalk organisée avec l’association Plastic Pickup, qui a prouvé ce jour-là que prendre soin de la planète s’apprend très jeune. Et que ça commence parfois par la promesse d’une glace.

Une idée née d’une envie: faire quelque chose d’utile ensemble
Le contact s’établit facilement. « Facilité d’échange avec l’association, valeurs partagées » : voilà ce qui décide l’équipe à franchir le pas. Ce n’est pas anodin. Pour des professionnels de la protection de l’enfance, qui travaillent chaque jour à reconstruire la confiance et à ouvrir des horizons à des jeunes en difficulté, choisir un partenaire avec qui on partage une vision du monde, ça compte.
Tout commence par une recherche. Une éducatrice du Centre Tréméac cherche une activité d’éducation environnementale qui sorte de l’ordinaire, pas juste du divertissement, mais quelque chose qui ait du sens pour les enfants et pour la planète. Utile pour l’environnement, accessible à des enfants, faisable en une après-midi. C’est sur internet qu’il tombe sur Plastic Pickup, l’association nantaise spécialisée dans l’organisation de collectes de déchets citoyennes.
La collecte est intégrée au programme des vacances scolaires, aux côtés d’autres activités pensées pour explorer Nantes autrement. La cleanwalk s’inscrit dans cette logique : faire découvrir le monde, y compris dans ce qu’il a d’imparfait, et montrer qu’on peut agir.

Bord de Loire, soleil et trésors indésirables
Ce 23 avril, le ciel est avec eux. La météo est ensoleillée, les berges de Loire animées de leur lumière printanière. Le groupe prend son départ au pied du pont Anne de Bretagne, emblème du centre-ville, et remonte vers le pont Haudaudine. Un tronçon qui mêle nature et urbanité, espace ouvert et passages plus sauvages : le lieu idéal pour sensibiliser des enfants sans jamais les éloigner d’un environnement rassurant.
Car la sécurité n’est pas négligée. Les éducateurs fixent des règles claires dès le départ : on ne s’approche pas trop du bord. Et pour le verre, on laisse faire les adultes : ramasser des éclats, ce n’est pas pour les petites mains. Une précaution simple, mais qui dit beaucoup du soin apporté à cette sortie.
Au bout de l’après-midi, le bilan est là : l’équivalent d’un sac plein de déchets collectés. Dans ce sac, une radiographie presque parfaite de notre rapport à l’espace public : la moitié d’emballages plastiques, un quart de canettes, et un quart de mégots de cigarettes. Pas de découvertes insolites cette fois, mais un inventaire qui parle de lui-même.

Éducation environnementale en action: du jeu à la vraie prise de conscience
Ce qui rend cette collecte remarquable, ce n’est pas les chiffres. C’est ce qui s’est passé dans les têtes des enfants au fil de l’après-midi.
Au départ ? La promesse d’une glace en fin de balade. Avouons-le, c’est un moteur qui a fait ses preuves pour atteindre des sommets! Mais quelque chose s’est produit en cours de route. À mesure que les pinces saisissaient canettes et mégots, que les sacs se remplissaient, que les berges retrouvaient leur visage propre, la motivation a changé de nature. Les enfants ont commencé à ramasser non plus pour la récompense, mais parce qu’ils voulaient bien faire. Parce qu’ils comprenaient que ce qu’ils laissaient, les poissons de la Loire ne pourraient pas le manger. Parce que la rivière leur appartenait aussi, et qu’ils pouvaient en prendre soin.
« Au fur et à mesure de l’activité, ils avaient l’intention de bien nettoyer l’environnement et de ramasser tout ce qui n’est pas comestible par les poissons », rapporte l’équipe du Centre Tréméac. Ils ont adoré partir « à la chasse aux déchets ».
C’est ça, le vrai bilan de cette journée.
Une dimension humaine au cœur de l’action
La cleanwalk n’était pas seulement une activité environnementale. Elle a aussi été un moment de lien. Entre enfants, bien sûr, mais aussi entre jeunes et éducateurs, qui ont profité du cadre décontracté pour expliquer, en marchant, pourquoi tout ça a de l’importance. Pourquoi un mégot jeté sur le trottoir finit dans la Loire. Pourquoi le plastique met des centaines d’années à se dégrader. Ces conversations-là, qui auraient peut-être du mal à naître dans une salle de classe, surgissent naturellement quand on est dehors, les mains dans le sac. C’est toute la force de l’éducation environnementale par l’action.
En fin d’opération, direction la crêperie, ou plutôt le marchand de glaces. Un moment de partage simple et mérité, qui dit à sa façon que bien faire et prendre du plaisir ensemble ne s’opposent pas.

Sensibiliser les enfants à l’environnement: ce que cette sortie dit de la protection de l’enfance
Le Centre Tréméac ne se contente pas d’accueillir et de protéger. Il ouvre des fenêtres sur le monde, donne aux enfants qu’il accompagne la possibilité d’être acteurs d’une après-midi, d’un lieu, d’une cause. Participer à une collecte de déchets, c’est aussi apprendre à se sentir capable de changer quelque chose, même à petite échelle. Pour des jeunes dont le quotidien est parfois marqué par le sentiment de subir, cette expérience d’agir pour quelque chose a une valeur qui dépasse largement le poids d’un sac de déchets.
Plastic Pickup est fière d’avoir accompagné cette aventure, et espère que d’autres structures de protection de l’enfance ou d’accompagnement éducatif s’en inspireront. Une cleanwalk, ça se prépare en quelques échanges, ça se vit en deux heures, et ça laisse des traces bien au-delà de la journée.















